Ras le bol ! Toujours rien sur le partage du profit dans les programmes des 2 finalistes

30.04.12

coup de gueule A quelques jours du deuxième tour et après de nombreux débats, discours et interviews, pas une allusion au partage des profits, à la récompense des salariés à qui on va tant demander dans les années à venir !

En lançant ce blog il y a quelques semaines nous faisions un souhait : que la campagne présidentielle soit l’occasion de débattre du partage du profit. Et bien nous sommes déçus, pas une proposition, pire pas un mot sur le partage de la richesse créée par les entreprises entre l’investissement productif, les salariés et les actionnaires !

A la place, nous avons eu droit à la stigmatisation des patrons, aux propositions démagogiques sur les plafonds de rémunérations dans les entreprises publiques, sur l’imposition des plus riches. Mélenchon était dans l’outrance et l’utopie mais aucun adversaire n’a proposé un autre contrat social crédible. Parmi les finalistes l’un veut créer des emplois publics et une grande banque publique, l’autre veut libéraliser le marché du travail, les deux promettent une augmentation du smic mais sans dire combien et on sent que ces vieilles recettes ne marcheront pas, une fois de plus. Les actionnaires eux ont toujours aussi mauvaise presse et ne parlons pas de notre nouvel ennemi, la Finance.

Dans certains pays comme l’Allemagne la culture du dialogue social permet que patronat et syndicats se mettent d’accord pour se serrer la ceinture en temps de crise et partager quand ça va mieux (cf post sur Volkswagen), mais notre pays est incapable d’une telle maturité. On critique souvent l’attitude peu constructive des syndicats mais les organisations patronales ne font pas mieux. D’ailleurs de plus en plus de patrons ne se reconnaissent plus dans ces discours dépassés. Alors oui le législateur devrait prendre sa plume pour écrire cette nouvelle page, en évitant les dérives idéologiques et en impliquant les partenaires sociaux puis en soumettant au peuple français le résultat des négociations. En son temps le général de Gaulle avait pris la plume pour donner le change aux communistes, cela a donné la participation dans les années 60 et depuis on n’a pas fait mieux. La prime Sarkozy était une bonne idée mais mal mise en œuvre. Elle a été décidée trop vite, on l’a imposée aux entreprises mais sans préciser son mode de calcul, au final elle a été vécue comme une sanction par les entreprises et comme une vexation par de nombreux salaries.

Pourtant pendant la campagne on aurait pu expliquer aux français que la ré-industrialisation de notre pays est possible, qu’elle passe par une baisse du coût du travail, que cette baisse du coût du travail doit être supportée par tous les français et pas seulement les salariés du privé et que les sacrifices d’aujourd’hui seront récompensés demain : un nouveau contrat social en somme. Mais pour cela il faudrait que nos hommes politiques soient conscients des difficultés et des enjeux des PME, qu’ils ne soient pas conseillés que par les élites parisiennes sur ces sujets et qu’ils ne raisonnent pas qu’au travers des grands groupes notamment publics.

Alors nous ne perdons pas espoir et nous continuons à prêcher la bonne parole sur le partage du profit à notre modeste échelle. Car dans les entreprises où nous intervenons en combinant les mécanismes d’actionnariat salarié, de participation, d’intéressement et de retraite d’entreprise, les dirigeants nous disent que le dialogue est plus facile, que l’osmose entre dirigeants et salariés progresse, que les postures reculent et que l’énergie est plus dépensée à la réussite collective qu’à l’affrontement.

A la veille du 1er mai, plutôt que d’une fête du vrai ou du faux travail, rêvons d’une fête où le travail et le capital seraient enfin réconciliés autour du partage du profit !


Par 
Expert en Rémunération
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