Une baisse des taux qui entraîne une baisse des actions, les temps changent

11.07.12

risque Traditionnellement la baisse des taux des obligations s’est accompagnée d’une hausse des actions, mais ce n'est désormais plus le cas.

Ainsi entre 1980 et 2000, la baisse des taux longs de 15% à 3%, s’est accompagnée d’une
hausse d’environ 1000% des marchés actions, soit 12,2%/an pendant 20 ans. Deux motifs
expliquent brièvement cette relation taux/actions :
- Un motif économique : la baisse des taux d’intérêt permet de s’endetter à moindre coût ce qui facilite la relance via les dépenses d’investissement ou de consommation.
- Un motif financier : si le rendement des obligations baisse, les investisseurs reportent une partie de leurs placements sur les actions, faisant monter leurs cours et baisser à due proportion leurs rendements attendus, c’est-à-dire le rapport entre le dividende de l’action et son cours.

Aujourd’hui, la baisse des taux est très largement derrière nous, ce moteur pour les marchés d’actions a disparu. Pire, les récentes baisses des taux de la Banque Centrale Européenne et de la Banque de Chine ont été interprétées négativement, si les taux baissent c’est que la croissance doit ralentir. Les marchés actions ont immédiatement corrigé, le rebond lié aux résultats du sommet européen aura été de courte durée.

Ceci a déclenché une forte aversion au risque et les investisseurs privilégient la liquidité quitte à ne percevoir aucun rendement.

  • Les gérants de portefeuille eux-mêmes restent prudents. En effet, le poids des liquidités n’a jamais été aussi élevé ces dernières années avec en moyenne 21% de cash pour cette catégorie.
  • Les investisseurs institutionnels aussi dont les investissements en actions ont chuté « de 20 % en moyenne ces dernières années à 5 % à peine », note Morningstar en juillet.
  • Les particuliers résidant en France aussi, comme le montre le succès de l’épargne réglementée (Livret A) et des dépôts à vue. Le niveau de ces derniers a d’ailleurs atteint fin mars un niveau record de 850 MdsE.

Alors faut-il rester à l’écart des actions ? Peut-être pas. D’une part car les obligations présentent aujourd’hui le plus de risque, avec un rendement réel négatif, elles ne protègent plus le capital contre l’inflation ou une hausse des taux. D’autre part car les actions dont les dividendes restent élevés représentent un bon investissement de moyen terme. D’ailleurs Morningstar indique dans sa dernière étude : « On peut considérer que le potentiel de rebond technique sur les actions n’a jamais été aussi grand en cas de normalisation des marchés et de diminution de l’aversion au risque ! ».

C’est la conviction d’ERES (notre société de gestion spécialisée en épargne salariale, www.eres-gestion.com) qui indique dans son dernier édito, « Depuis mars, nous avons eu tendance à alléger la poche actions. Au niveau actuel, nous attendons des meilleurs prix d’achat pour regonfler cette poche quitte à nous priver d’une partie de la hausse. »


Par 
Expert en Rémunération
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