Actionnariat salarié : partir de ses objectifs et non pas de la boîte à outils : une question de bon sens

14.06.12

Partage gateau La saga de l'actionnariat salarié. Episode 2 : prendre le sujet dans le bon sens

Pour tous ou pour quelques-uns ?

A effet immédiat ou à effet différé ?

Avec ou sans conditions de performance ?

A hauteur de combien dans le cadre des limites fixées par les actionnaires ?

Avec un risque financier personnel des actionnaires salariés de quelle ampleur ?

Ces questions de fond correspondent bien à des objectifs de Ressources Humaines déclinés des objectifs de Business, et n’ont rien à voir avec les outils. On ne définit pas sa stratégie d’actionnariat salarié à partir d’un cheminement du type « il me faut des actions gratuites » ou, pire, à partir du positionnement de son entreprise –fût-elle une multinationale cotée- dans un quelconque benchmark de sociétés comparables cher aux consultants. Bien entendu, la stratégie d’actionnariat salarié comprend toujours d’autres objectifs complémentaires et juxtaposés à l’objectif central de partager la valeur créée avec des collaborateurs à attirer, motiver et retenir. Citons par exemple telle société du CAC40 qui renouvelle ses opérations d’actionnariat salarié aussi pour que le bloc des actionnaires salariés protège des prédateurs, celle dont le fonds d’investissement a signé la charte de l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) ET respecte les engagements qu’elle contient, faisant de l’association au capital de tous les salariés non seulement un des moteurs de performance de ses participations mais aussi un facteur d’attractivité et de séduction (mention spéciale pour Astorg Partners, un fonds avec lequel nous avons réalisé un grand nombre d’opérations, et qui met en pratique ses engagements), celle dont le patron organise sa sortie du capital au profit des salariés… Il n’en reste pas moins que l’objectif RH est central. S’il ne l’est pas, le risque de dérive existe : se servir de l’actionnariat salarié combiné à des rachats de titres pour éviter la dilution des actionnaires familiaux ou protéger le management, pour assurer la liquidité des participations d’autres actionnaires… Cet objectif RH et les objectifs annexes  doivent être clairement exprimés avant de plonger dans la boîte à outils pour choisir le ou les outils qui conviennent et les paramétrer. A défaut, la mise en œuvre d’outils inadaptés avec des conséquences contreproductives peut se produire, surtout si l’on a mis en premier la recherche d’avantages sociaux et fiscaux.

A suivre la semaine prochaine….

Posts précédents :

Prequel : Maître/esclave ou employeur/salarié ? La vérité sur l’actionnariat salarié.

Episode 1 : Actionnariat salarié : un actionnaire salarié est 100% actionnaire… et 100% salarié !


Par 
Expert en Actionnariat salarié, Questions pratiques
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  1. guillaume

    19.06.12

    J’avoue être partagé quant a ce sujet et aux conclusions exposées ci-dessus.
    Utiliser l’actionnariat salarie en excluant la démarche RH est bien évidement une aberration conceptuelle.
    A l’autre extrême du spectre, prospère un idéal tout aussi nuisible et malheureusement peu (re) connu : celui de l utopie actionnariale de masse. Je nourris plus de crainte quant à ce dernier travers que pour le premier.
    « L actionnariat pour tous » prend sa force dans la tentation des idéaux simples que cultivent les personnes non directement concernées par les contingences matérielles. Ne nous payons pas de mot, le actionnariat salarie est avant tout une manière d associer financièrement a l’augmentation du cours de l’action ceux qui ne le peuvent a titre prive… le reste peut suivre … loin derrière.

  2. JDE

    19.06.12

    Je prends le point. D’ailleurs je passe ma vie à dire que l’actionnariat salarié ne concerne qu’un nombre limité d’entreprises, et que cela ne sert à rien de déployer ce type de mécanismes si on n’a pas des salaires au niveau. Ensuite, et avec des incitations et une information adaptée, il est de nature -avec risque maîtrisé, surtout si les opérations sont régulières- à rapprocher les français de leur(s) entreprise(s) : cf. nos analyses sur la désaffection des actionnaires individuels…qui ne sont plus en majorité que des actionnaires salariés, ce qui est mieux que rien.
    Jérôme

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